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Le deuil
09 nov. 2021 Flavie Coquelin 3 minutes

Que faire en hommage au défunt aux dates d'anniversaires ?

Commémorer une personne chère décédée, c’est la rendre encore présente dans notre esprit. C’est partager un moment avec des proches, la famille ou encore seul lors d’un recueillement personnel avec des photos, des lettres ainsi que d’autres objets qui lui ont appartenu. Cela peut aussi se dérouler de manière plus conventionnelle. Fleurir une sépulture, rappeler les dates de décès ou revenir sur des lieux où la présence du défunt ou de la défunte est encore palpable en effectuant une sorte de pèlerinage constituent des rituels réconfortants.

date anniversaire défunt

Pour la majorité d’entre nous, honorer la mémoire du défunt en organisant une cérémonie permet d’être en harmonie avec soi-même, de mettre en oeuvre un accompagnement au deuil. Pourquoi les dates anniversaires sont-elles ancrées en nous ? Quels sont les moteurs qui nous poussent à convoquer le défunt pour partager des moments emplis de respect et de solennité ? Essayons de comprendre ces besoins profonds et comment ils sont exprimés dans diverses sociétés.

Des cérémonies pleines de sens

S’intéresser à la mémoire des morts et aux différentes manières de les honorer peut nous interpeler. Alors qu’à Madagascar, on procède à la très rituelle cérémonie de retournement des morts, autrement appelée « famadihana » tous les 3, 5 ou 7 ans, dans d’autres sociétés comme au Mexique, les familles consacrent les deux premiers jours de novembre à fêter leurs morts. À l’époque préhispanique, leur attachement était bien plus manifeste. Les Aztèques conservaient les crânes des ancêtres comme des reliques et les emportaient avec eux au cours de leurs déménagements. C’est également le cas pour d’autres peuples de Polynésie. En revanche, pour les Shintoïstes par exemple, l’expression de ce lien est plus discrète. Des autels sont installés dans la maison et de l’encens est brûlé régulièrement en offrande aux défunts. Pour les animistes, les morts continuent de vivre à leurs côtés alors que dans d’autres sociétés, ils vivent dans des sphères et des lieux totalement éloignés de la vie terrestre. Les pyramides sont finalement des sépultures gigantesques érigées du vivant d’un pharaon pour mieux préparer sa vie après la mort. Ils pénétraient dans ces lieux emplis de trésors avec des vivants qui devaient les accompagner. La tradition orale permet aux sociétés africaines de transmettre le souvenir des absents et les griots sont des passeurs de vies des défunts. Quelle que soit notre religion, nous envisageons la mort, le deuil, les cérémonies de dates anniversaires des défunts avec des rituels très divers. Qui plus est, chacun réagit différemment à la perte d’un être cher. Alors que certains vont être émotionnellement totalement dévastés et submergés par le chagrin, d’autres vont s’accrocher à des rituels pour décharger la douleur qu’ils ressentent et honorer la mémoire du défunt aux dates anniversaire.

Qu’en est-il des cérémonies commémoratives en France ?

Dans notre religion judéo-chrétienne, notre lien aux morts est également très important. Les premiers tumulus avec des tombes sommaires, dans lesquels des objets du quotidien étaient également enterrés, rappellent que nous sommes très soucieux du devenir de nos défunts. Plus tard, des cimetières ont été construits à proximité de l’église afin de rendre les visites aux morts plus fréquentes et ritualisées. La fête des morts, date anniversaire pour tous les morts intervient le 2 novembre, après la Toussaint. C’est au 13ème siècle que cette commémoration a été inscrite dans le calendrier liturgique. Tous les fidèles rappellent le souvenir des personnes décédées au cours de cérémonies dédiées. Les sépultures sont alors nettoyées et fleuries. On sait à quel point le deuil et ses étapes sont douloureux avant de conduire à une reconstruction pour les membres de la famille. Néanmoins, chacun peut s’approprier cette mémoire et honorer ses défunts de manière plus personnelle. En effet, nos proches sont parfois enterrés loin de notre lieu de résidence et cet éloignement peut conditionner des comportements divers. Certains vont afficher des photos des personnes disparues et les fleurir lors de dates anniversaires. Cela peut être la date de naissance qui est parfois moins douloureuse à évoquer. Pour les artistes, écrivains illustres, compositeurs de génie, hommes d’état qui ont marqué l’histoire, c’est généralement cette date qui est mise à l’honneur. Pour d’autres, c’est la date d’anniversaire du décès qui va être plus importante. Elle est aussi beaucoup plus chargée émotionnellement. Certains endeuillés essaient parfois de l’éviter et préfèrent honorer des moments moins douloureux. D’autres dates anniversaires plus personnelles comme la date anniversaire d’une rencontre qui a bouleversé sa propre existence sont également des rituels qui permettent aux vivants d’honorer la mémoire des personnes disparues. Pour ce faire, des cérémonies, en présence de personnes intimes, sont des réunions pleines de sens et de respect pour la personne décédée. C’est une manière d’évoquer des aspects de sa personnalité qui restent présents et de rappeler des anecdotes. Faire vivre la mémoire du défunt, se souvenir de ses actions, c’est ainsi le rappeler parmi nous.

Des commémorations plus personnalisées

Si le processus de deuil a été clairement théorisé avec ses étapes définies par la psychiatre Kübler-Ross, il n’en reste pas moins un cheminement très intérieur. Ce cycle met en avant des étapes à franchir depuis la phase de déni jusqu’à l’apaisement et la résilience qui nous permet de nous projeter sereinement. Certains d’entre nous sont plus à même de réaliser ce parcours de manière réconfortante dans un laps de temps qui peut paraître rapide. D’autres au contraire restent dans le déni pendant une longue période. Cette façon de refuser la réalité peut conduire à des comportements violents et à une perte de repères. Commémorer les morts et organiser des cérémonies durant lesquelles ils redeviennent concrets, encore présents, représente une voie d’apaisement qu’il est évidemment très réconfortant de suivre. C’est pour cela que de nombreuses sociétés continuent de ritualiser ces moments. En réunissant de nombreuses personnes et en rappelant le souvenir de la personne défunte, nous pouvons extérioriser notre chagrin, le mettre à distance et le partager.

Ces cérémonies, commémorations de dates anniversaires de naissance, de mort ou encore de mariage, sont pleines d’un sens profond. Il est important de mesurer leur importance, de se les approprier et de les partager afin de mieux vivre le deuil et ses implications très personnelles.

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