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Organisation d'obsèques
17 nov. 2021 Flavie Coquelin 3 minutes

La décision du don d'organes lors d'un décès

Donneur présumé ou non, comment anticiper et aider ses proches sans qu'ils n'aient à se torturer ?

don d'organe

Lors de la survenue d'un accident, d'un AVC (accident vasculaire cérébral) ou d'un infarctus, en plus de sa douleur, la famille est souvent confrontée à la question du don d'organes. Face à la brutalité du décès, prendre la décision du don d'organes est une épreuve supplémentaire pour la famille du défunt. En dépit de tout le tact dont peuvent faire preuve les équipes médicales, la décision du prélèvement d'organes implique également pour la famille du défunt, de décider de l'instant même de l'arrêt de la vie de leur proche, qui est encore maintenu artificiellement en vie. Donneur présumé ou non, comment anticiper et aider ses proches sans qu'ils n'aient à se torturer ?

Ce que dit la loi

La loi est claire quant aux dispositions et aux désirs de chacun. La loi considère que sans décision contre explicitement exprimée, chacun est donneur potentiel d'organes. Si vous êtes clairement opposé au prélèvement d'organes vous concernant personnellement, vous devez l'exprimer. Pour cela, vous devez vous inscrire sur le fichier national des refus, www.registrenationaldesrefus.fr, ou bien encore laisser un document écrit, daté et signé stipulant clairement votre opposition au prélèvement de vos organes. Ce refus peut être fait pour toute ou partie de vos organes. Si le défunt n'a pas pu s'inscrire sur le fichier national ou s'il n'a laissé aucune trace écrite de son opposition au prélèvement de ses organes, il peut également en avoir discuté avec ses proches. Dans ce cas précis, ces proches devront attester de ce refus devant l'équipe médicale qui fera une retranscription écrite. Lorsque le défunt n'a pas fait état de son refus, on parle alors de donneur présumé.

Les conditions au prélèvement d'organes d'un donneur

Avant même d'entamer toutes formes de discussions avec les proches du défunt, les équipes médicales vont d'abord aller consulter le registre national des refus, si le nom du potentiel donneur n'y figure pas, alors l'équipe médicale se tournera vers les proches pour obtenir leur accord. On entend par proches, la famille, le conjoint, le partenaire de PACS ou toute autre personne entretenant des liens affectifs étroits avec le défunt. Sachez également qu'il n'existe aucune limite d'âge pour être donneur d'organes et de tissus. Les prélèvements d'organes sont possibles à tous les âges. D'un point de vue médical il n'existe à proprement parler aucune contre indications spécifiques au prélèvement d'organes. La question du prélèvement d'organes ne concerne en France, qu' environ 1% des décès. Pour que l'équipe médicale puisse commencer à envisager un prélèvement, de nombreuses conditions doivent être réunies. La condition principale est qu'un collège de plusieurs médecins se soit assuré que le défunt soit en état de mort cérébrale ou de mort encéphalique. Cela signifie que son cerveau est mort, que plus rien ne s'y passe, que plus rien ne peut s'y passer. Seule la respiration et les fonctions cardiaques sont maintenues artificiellement. Entre le moment où les derniers détails administratifs avec la famille sont réglés et le prélèvement en lui-même, il s'écoule en général quelques heures. Le laps de temps est nécessaire à la coordination de toutes les équipes de prélèvement à travers la France. Dès lors que le prélèvement des organes de votre proche a débuté au bloc opératoire, c'est une véritable course contre la montre qui s'enclenche pour les équipes médicales. Après leur prélèvement, la durée de vie des organes avant la transplantation varie de 4 à 18 heures dans des conditions optimales.

Le prélèvement des organes de votre proche défunt

Lorsque toutes les conditions sont remplies et que les proches et la famille ont donné leur accord au prélèvement d'organes, le défunt est emmené au bloc opératoire exactement dans les mêmes conditions que pour toute autre intervention chirurgicale sur des vivants. Les équipes présentes réaliseront les différents prélèvements puis le corps du défunt sera alors soigneusement cousu, dans le plus grand respect de sa dignité.

La restitution du corps du défunt après le prélèvement d'organes

Selon les désirs de la famille, après le décès prononcé, les équipes médicales et paramédicales présentes, procéderont à l'habillage du corps. Si la famille souhaite des soins de conservation, le corps du défunt sera alors enlevé par l'entreprise de pompes funèbres choisie par les proches. Il sera alors acheminé au funérarium comme n'importe quel autre défunt. Les soins de thanatopraxie pourront alors être prodigués de manière classique par un thanatopracteur ou selon le rite religieux du défunt. Après le prélèvement d'organes, le corps recousu et habillé, il est alors présenté aux proches et à la famille. Aucun stigmate du prélèvement d'organes n'est visible. Concernant le prélèvement de cornées, les yeux sont remplacés par des lentilles afin de maintenir le globe oculaire.

Les démarches administratives

En France, le don d'organes est un acte gratuit et anonyme. Vous ne saurez jamais qui a reçu le ou les organes prélevés sur votre proche. En revanche, via le centre hospitalier où les prélèvements ont été réalisés, vous pourrez savoir quels types de greffes ont été réalisés, combien de vies les organes de votre défunt ont sauvés... Si l'anonymat des receveurs est maintenu, celui du donneur l'est également. Le prélèvement, tout comme le don d'organes ou la transplantation, sont des actes gratuits qui ne peuvent en revanche être réalisés que dans des CHU bien spécifiques dotés d'un plateau technique et des équipes spécialisées.

Les chiffres du don d'organes en France

Accepter le prélèvement des organes d'un proche, bien que cette décision soit très difficile à prendre pour la famille, est un acte de générosité sans limites. Pour la seule année 2020, en France, ce sont 1 355 donneurs d'organes qui ont été prélevés dans 170 établissements différents et ont donné lieu à plus de 4 500 transplantations ou greffes. L'âge moyen des donneurs était de 57 ans et la grande majorité de ces prélèvements ont été réalisés suite à un AVC. Chez les défunts potentiellement éligibles au prélèvement d'organes, l'opposition de la famille et des proches a représenté 61% des impossibilités de prélèvement d'organes.

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